Le tunnel - André Lacaze

Publié le par Sandra

André Lacaze nous donne un récit personnel de déportation au camp de concentration de Mauthausen. En effet, il a fait partit des ces prisonniers de Mauthausen envoyé à Loibl-Pass en 1943, à la frontière yougoslave, afin de construire le tunnel.
Note historique :
"Créé en juin 1943, le camp annexe de Loibl Pass se composait en réalité de deux camps distincts : l'un, situé sur le versant sud du massif des Karawanken, du côté slovène, ouvert le 3 juin 1943, et, l'autre, implanté sur le versant nord du même massif mais du côté autrichien dont la construction date des mois de septembre et octobre 1943. Les détenus y travaillaient au percement d'un tunnel routier pour le compte de l'entreprise Universale Hoch-und Tiefbau AG. "
 
 
Le tunnel - 1980
 
"Le Tunnel est le récit du calvaire et de la résurrection de ces français que rien ne prédisposait à s'unir. Ils avaient en effet tous les âges, ils venaient de tous les milieux, de tous les horizons politiques. Sans parler des truands, assez fortement représentés, dont le comportement face à la férocité SS est riche d'enseignements."
 
Quatrième de couverture
 
 
Mon avis :
Le personnage principal, Paulo Chastagnier, est un truand de Paris. Il entre à Mauthausen en 1943. Au fil de son emprisonnement, il n'aura de cesse de trouver "la bonne combine" qui lui permettra de faire un peu plus "de rab" chaque jours. Il profite donc d'une sélection pour travailler à Loibl-Pass pour sortir de l'enfer de ce camps, entassé à 5 gars par paillasse.
Loibl-pass est un camp annexe où les déportés devront construire un tunnel reliant l'Autriche à la Hongrie. Paulo se retrouve dans le camp Sud, changeant d'affectation selon les saisons grâce à ses relations. Le tunnel en hiver le met à l'abri du froid et favorise la mise en place de plan d'évasions. La bétonneuse l'été permet de profiter de l'air pur et d'un rythme de travail favorisant la discussion entre détenus. 
Durant plus d'un an de détention, on suit ses aventures et mésaventures, ses rencontres avec les résistants, les partisants communistes en cheville avec les partisants civils yougoslaves de derrière les grilles et avec qui ils arrivent à avoir des contacts, le rôle des kapos et chefs de blocs.
 
Ce que j'apprécie le plus ? Les personnes présentées, les événements décrits ont rééllement existées et eu lieu !
On vit avec Paulo la vie du camp, on entend la voix des kapos, des chefs de blocs, des SS, on prend des coups de schlagues, on craint de traverser la frontière invisible du camp et de se faire tirer comme des lapins par les SS planqués derrière les arbres, de prendre le chemin du crématoire ...

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dominique 29/10/2009 17:43


JE RELIE RéGULIEREMENT CE LIVRE ET JAI TOUJOURS AUTANT D'EMOTIONS POUR LES PERSONNAGES POUR LEURS SOUFFRANCES ET LEURS COURAGES MERCI MONSIEUR POUR CE LIVRE


Bouthiat Henri 10/01/2009 17:42

Ce récit, qui colle à la réalité historique, est l'un des meilleurs livres que j'ai pu lire sur les camps de concentration. J'en suis sorti avec une sorte de rage envers toute la saloperie humaine, presque à avoir envie d'en retrouver certains de ces kapos pour leur faire payer leurs crimes. Et j'essaye d'entrer en relation avec l'amicale des anciens de Loible Pass pour y aller en pélerinage à mon tour.D'autre part, j'aimerais bien en savoir plus sur André Lacaze, s'il est encore vivant, s'il a écrit d'autres livres...

anonyme 21/08/2008 14:16

je viens de finir ce livre, il y a une semaine. Je l'ai lu sur les conseils de mon père qui a vécu cette guerre et qui ne nous en a jamais parlé.C'est un livre émouvant sans se vouloir ainsi. Il est drôle, triste et abominable.Ces hommes qui croient ne plus en être sont pourtant un exemple d'humanité. Prisonniers et esclaves de fous nazis, ils font preuve d'une résistance dont aucun être humain ne se pense capable. Ils sont magnifiques. Ils sont d'une humilité extrême à ne pas se rendre compte à quel point ils sont des héros. La preuve en est entre autre que l'écrivain lui-même a vécu Loibl-Pass. Pourtant, ce n'est pas lui qu'il raconte, à aucun moment, mais Paulo Chastagnier.Paulo n'en est pas moins humble. Quand il réussit, il accuse la chance. S'il perd, il "accuse" les coups. En tant que lecteur, on ne peut pas s'empêcher de le suivre jusqu'au bout le Paulo. Il a l'impression de n'être rien et pourtant quel Homme ! Quel Courage ! et si jeune...

Penlec Nathaniel 20/11/2007 19:40

A propos du Tunnel d'André Lacaze.Tous les faits et toutes les scènes de ce livre sont rigoureusement authentiques. Seuls les noms des protagonistes, par respect pour les familles des disparus ont été changés. A l'exception de celui d'André Ménard à la mémoire duquel ce livre est dédié....André Ménard, 23 ans, étudiant en sciences à l'université de Rennes,  mort les armes à la main.

Sandra 24/11/2007 21:40

Un livre que j'ai eu plaisir de découvrir surtout pour la véracitée des faits, leur force. Il ne peut laisser indifférent !

Emmanuel Jamin 01/07/2007 15:27

J'ai beaucoup aimé ce livre également, et j'ai donc essayé d'en savoir plus. En fait, le personnage de Paulo Chastagnier est fictif, mais il est inspiré des expériences d'un autre détenu, Georges Huret, dont le manuscrit inédit ' Le grand Jo' a été rendu public par Christian Bernadac dans ' le neuvième cercle'. La principale différence est que le grand Jo n'était pas un truand, mais un jeune soldat fait prisonnier, puis évadé de guerre, avant d'être retrouvé par les autorités d'occupation. Bien sûr, cela n'enlève rien au réalisme des descriptions de la vie dans un camp de travail comme Loibl. Pour moi, découvrir ce qui s'est réellement passé, avec les noms des protaganistes, a été jubilatoire, malgré les atrocités décrites. Il me semble également que l'étude des événements passés réclame que l'on respecte les détails les plus exacts possibles de ce qui s'est réellement passé, et surtout, que l'on respecte l'intégrité et l'identité des protagonistes. Je vous conseille fortement de vous procurer ce livre.