La maladrerie Saint-Lazare de Beauvais

Publié le par Sandra

A l'occasion de l'édition des 29ème journées européennes du patrimoine, je suis allée visiter la maladrerie Saint-Lazare de Beauvais.

Habituellement fermée au public, sa visite n'est possible qu'une fois par an, à l'occasion des journées du patrimoine. le reste du temps, des travaux de restauration sont mis en place pour sauvegarder les bâtiments existants.

Entouré d'un mur d'enceinte, le site est composé de trois parties distinctes correspondant à ses fonctions d'usage : au nord, "la ferme", au centre, la communauté et la chapelle (dédiée à Saint-Lazare, patron des lépreux), au sud, l'enclos des malades.

La grange, classé monument historique avec ses 740 m2, va être aménagée et restaurée pour devenir un lieu d'expression artistique, notamment de concerts classiques.

 

Chapelle

 

Chapelle

Grange

Histoire de la création des maladreries Saint Lazare :

Au Moyen-âge, précisément à la fin du XI° siècle, se développent des léproseries. Ce mouvement de création est dû à un changement des mentalités religieuses qui voient dans le malade une image du Christ souffrant. Les populations chrétiennes recherchent leur salut en faisant des dons à ces institutions de léproseries. Cette maladie n'est pas contagieuse et permet aux malades de circuler librement dans les villes et campagnes, agitant leur cliquette (crecelle)pour attirer l'attention des passants et lui demander son obole.

 

 

Les maladreries sont fondées généralement par des hommes d'églises. L'établissement est géré par un maître ou  prieur à qui les malades doivent total obéissance. L'ensemble du personnel ne dépasse pas une dizaine de personnes. Pour soigner les malades, l'établissement trouve ses revenus dans les nombreux dons et aumônes.

Pour entrer dans ces établissements, le malade doit passer devant un jury, chargé de repérer les signes visibles de la lèpre, qui se déclarent à un stade déjà bien avancé de la maladie. Une fois reconnu comme lépreux, le malade est conduit en procession vers la maladrerie. Une messe et un requiem pour les morts lui est consacré puis, on lui attribue un logement, de la nourriture et de quoi se soigner. Les soins qui lui sont prodigués sont constitués de poses de pansements par les soignants et de bains qu'il doit prendre lui-même. Il  lave également ses pansements et son linge. En moyenne, par an, le nombre de lépreux à Beauvais fut de 10 personnes.

"La transmission de la lèpre est mal connue. Elle remonte souvent à l'enfance par inhalation de « postillons » d'un lépreux contagieux. Elle se fait également par des mucosités de lépreux mises au contact d'ulcérations ou de plaies cutanées, enfin par l'intermédiaire d'objets souillés : linge, natte, oreillers… Tous ces modes impliquent les contacts étroits et durables d'une promiscuité de type familial. La transmission héréditaire n'existe pas mais une transmission congénitale est possible. En outre, le sol infecté et les insectes vecteurs (punaises, moustiques) pourraient jouer un rôle dans la transmission de la maladie."

Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/L%C3%A8pre

 

Mais à partir du XIV°, la peste est de retour en occident et provoque un changement de comportement de la population vis-à-vis des lépreux. Leur cliquette permet désormais de se signaler, tout comme le costume qu'on leur impose. En plus de lépreux, la maladrerie créa à cette époque un bâtiment nouveau pour l'accueil de malade de la peste.

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Image:Leper-bell.gif

 

 

Aujourd'hui, la lèpre a disparu en Europe. D'après l'hypothèse des scientifiques, sa disparition est dû au développement de la tuberculose. En effet, le bacille de Kock de la tuberculose confère une immunité au bacille de la lèpre.

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